Diébédo Francis Kéré, premier architecte burkinabè lauréat du prix Pritzker Architecture 2022


Diébédo Francis Kéré, premier architecte burkinabè lauréat du prix Pritzker Architecture 2022

Diébédo Francis Kéré, premier architecte burkinabè lauréat du prix Pritzker Architecture 2022

Diébédo Francis Kéré, premier Africain couronné par le Pritzker 2022, le « prix Nobel » de l’architecture, est l’un des architectes novateurs les plus connus au monde avec des conceptions architecturales durales et humanistes.

Qui est Diébédo Francis Kéré ? 

Diébédo Francis Kéré, né en 1965 à Gando, un village du Burkina Faso, est un architecte germano-burkinabé contemporain. 

Faute d’école à Gando, son père, chef du village, l’envoie poursuivre ses études dans une école à Ouagadougou dans l’unique but d’apprendre à lire.  

Après sa scolarité, Francis Kéré devient charpentier.  Il obtient ensuite une bourse de stage afin de continuer ses études en Allemagne. Il étudie l’architecture à Berlin et obtient en 2004 son diplôme d’Ingénieur à l’Université Technique de Berlin.  

Pendant ses études en 1998, il crée l’association Schulbausteine für Gando (Des briques pour l’école de Gando, aujourd’hui appelée « Kéré Foundation »). C’est ainsi qu’il donne naissance en 2001, à son premier projet, la toute première école primaire dans son village natal faite de terre, essentiellement d’argile rouge. 

Il reçoit en 2004, le Prix d’architecture Aga Khan pour son utilisation innovante de méthodes traditionnelles et durables lors de la construction de son premier œuvre.  

En 2005, il fonde son cabinet d’architecture « Kéré Architecture » à Berlin où il vivait, avec 8 collaborateurs.  

Au fil des années, l’architecte novateur fait preuve de son engagement envers son pays ainsi que son continent africain à travers un nombre important de projets architecturaux au fort potentiel d’usage public, à l’instar de l’école primaire de Gando. 

« Mon objectif est de jeter un pont entre l’Afrique et les pays développés, explique-t-il. Bâtir selon les critères de durabilité se révèle être un point commun. » 

Cette année, honoré du prestigieux prix d’architecture Pritzker, il est universellement reconnu comme un visionnaire capable d’améliorer la qualité de vie dans les régions en développement grâce à un design innovant. 

Philosophie et style architectural :  

L’architecture de Kéré se caractérise par un langage distinctif des formes, enraciné dans les traditions vernaculaires, mais adapté aux besoins contemporains. Kéré traduit des principes de conception intemporels en solutions intelligentes pour les projets de construction actuels dans le monde entier ; il combine les méthodes d’architecture européennes qu’il a acquises en Allemagne avec les techniques de construction traditionnelles au Burkina Faso, s’adaptant les uns aux autres, à la fois modernes et traditionnelles, pour créer quelque chose d’innovant et parfaitement adapté à son emplacement spécifique. 

Son style architectural gravite autour du concept de frontière : les espaces intérieurs et extérieurs sont délimités par des murs, des fenêtres et des toits, tandis que les étages sont séparés par des plafonds et segmentés en plus petites unités par des portes et des murs intérieurs. 

Soucieux des condi­tions cli­ma­tiques et des situa­tions locales, ses créations architecturales répondent à une compréhension du climat et à la logique constructive des techniques de construction en maçonnerie sèche d’une manière à la fois innovante et fermement ancrée dans les traditions de construction locales. Elles s’engagent avec la nature et la communauté, célébrant la culture, l’histoire et les matériaux vernaculaires. 

Les projets de Kéré se distinguent par leur aspect communautaire ; dans son village par exemple, il s’engage à impliquer les villageois dans le processus de la réalisation de l’œuvre. Dans tous les chantiers entrepris, il a le souci de travailler avec des équipes locales auxquelles il fournit une formation professionnelle. 

« Grâce à son engagement pour la justice sociale et à l’utilisation intelligente de matériaux locaux pour s’adapter et répondre au climat naturel, il travaille dans des pays marginalisés, où les contraintes et les difficultés sont nombreuses et où l’architecture et les infrastructures sont absentes », ont expliqué les organisateurs du prix Pritzker dans un communiqué. 

Carrière et réalisations architecturales :  

Aujourd’hui plusieurs réalisations sont à l’œuvre dont plusieurs sont en Burkina Faso, son pays d’origine : l’école primaire de Gando (2001) et son extension (2008), Les logements des enseignants de l’école en 2004, Le collège de Dano (2007), Parc National du Mali de Bamako (2010), Musée de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge International à Genèveune (2012), une clinique chirurgicale à Léo (2014), le Village-opéra à Laongo (en cours de construction), etc. 

En addition à son métier d’architecte, il enseigne aux architectes de futur ; d’abord, il a travaillé comme professeur à son université mère à Berlin. Ensuite, Il a enseigné à l’Université du Wisconsin à Milwaukee (2012), la Harvard Graduate School of Design (2012) et à l’académie d’architecture de Mendrisio en Suisse (2013). Depuis 2017, Francis Kéré intervient à l’université technique de Munich (TU München) où il est titulaire de la matière Design Architecturale et Participation. 

L’engagement pour la justice sociale, la variété architecturale, la portée géographique et la durabilité de ces projets, qui réfèrent tous à l’histoire et à la culture de chaque site spécifique, ont comblé Kéré d’honneurs bien mérités pour son travail et sa philosophie ; il reçoit de nombreux prix prestigieux : Prix Aga Khan d’architecture (2004), Global Award for Sustainable Architecture, BSI Swiss Architectural Award (2010), Marcus Prize for Architecture (2011), Regional Holcim Award Gold (2011) Africa Middle East, Global Holcim Award Gold (2012) et le Prix Pritzker (2022). 

Rédigé par Samah Najmi

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