Le télétravail et l’immobilier d’entreprise, quelle relation ?


Le télétravail et l’immobilier d’entreprise, quelle relation ?

Le télétravail et l’immobilier d’entreprise, quelle relation ?

À l’ère de l’épidémie de la Covid-19, le monde a connu de soudaines transformations dans tous les aspects de la vie, qu’ils soient personnels ou professionnels. Dès les premiers mois de son introduction, les individus et les organisations ont été contraints de changer leurs habitudes, notamment dans la vie professionnelle. En conséquence, les entreprises ont changé presque toutes les pratiques de travail, passant du travail au bureau au télétravail pour assurer la continuité des activités. Le télétravail a été et continue d’être l’une des précautions dans de nombreuses régions du monde. Selon l’Organisation internationale du travail, depuis 2020, 17 % de la population employée dans le monde, soit environ 557 millions de personnes, travailleraient à distance.

Avant l’épidémie, un bureau typique à Manille, la capitale des Philippines, était l’endroit le plus peuplé du monde où chaque employé disposait de 6,9 m² d’espace de bureaux. Le leader dans ce domaine est Chicago, avec une superficie plus spacieuse de 22,8 m² par employé, sachant que la moyenne mondiale était de 13,3 m². Avec le protocole de distanciation sociale imposé par la Covid-19, aujourd’hui, il est difficile de garantir assez d’espace à chaque collaborateur au sein des locaux de travail, par conséquent, le travail à distance demeure la meilleure solution garantissant la poursuite de l’activité économique des organisations en toute sécurité.

Cette méthode d’organisation de travail a des implications sur le secteur de l’immobilier et, particulièrement, l’immobilier d’entreprise. De nombreuses analyses ont démontré les répercussions néfastes du travail à distance sur ledit secteur, la demande sur les espaces de bureau a remarquablement chuté depuis le quatrième semestre de l’année 2020. La question de la situation du secteur d’immobilier de bureau est actuellement liée à l’avenir du travail à distance.

Selon le cabinet de consulting McKinsey, le futur du télétravail est étroitement lié au développement économique de chaque pays. Une analyse de 2 000 emplois sur 800 démontre que jusqu’à 33 % de la main-d’œuvre britannique peut travailler à distance sans aucune perte de productivité. En Allemagne et aux États-Unis, la part est d’environ 30 % ; en Chine et en Inde, en tant qu’économies « en pleine croissance » elle est respectivement de 16 % et 12 %. Expliquant dans leur rapport que :
 » (…) Ce pays a le potentiel le plus élevé pour le télétravail parmi les pays que nous avons examinés (…). Dans les économies émergentes, l’emploi est orienté vers les professions qui nécessitent des activités physiques et manuelles dans des secteurs comme l’agriculture et la fabrication. »
Pour Neil Axler MRICS, directeur général de B.Riley Advisory Services à New York, il est question de penser à quel type de bureau le monde aurait besoin à l’avenir sachant que la culture de travail au bureau est encore présente dans l’esprit de l’être humain. Andrew O’Donnell, directeur de l’immobilier et du lieu de travail au Royaume-Uni chez JLL, lui aussi a déclaré ainsi :

“Notre dernière enquête auprès des personnes nous indique que près de 80 % de nos jeunes collaborateurs souhaitent passer du temps au bureau. Cela est dû à leur nature sociale, au manque d’espace pour travailler à la maison et au besoin d’apprendre de leurs collègues et de réseauter avec eux. Ils veulent sentir qu’ils font partie de la culture et de l’organisation, ce que vous ne pouvez tout simplement pas réaliser à distance.”

La socialisation reste le facteur majeur incitant les collaborateurs à travailler ensemble dans le même espace.

D’une optique écologique, certaines entreprises trouvent que la réduction de leur espace de travail est une solution efficace pour réduire leur empreinte carbone. Lorsque de nombreux collaborateurs souhaitent travailler à distance, certains employeurs y voient une situation gagnant-gagnant. Certes, le télétravail aiderait les entreprises à atteindre leur but écologique, mais l’environnement n’en bénéficierait pas pour autant ; toute réduction de consommation d’énergie au sein des locaux des entreprises se traduit automatiquement par une augmentation de consommation d’énergie dans les foyers des télétravailleurs.  

D’une autre optique plus pécuniaire, gérer un bureau moins spacieux nécessite moins de ressources en énergie, en eau et en gestion des déchets, donc éventuellement moins de dépenses. De plus, la possibilité de travailler à distance, permettra aux entreprises d’élargir leur marché de recrutement et, par conséquent, la naissance de nouvelles opportunités pour les entreprises et leurs actuels et futurs collaborateurs. 

Aujourd’hui, la question de l’avenir du télétravail féconde plusieurs hypothèses qui posent le futur du secteur d’immobilier, particulièrement l’immobilier d’entreprise face à plusieurs scénarios qui impliquent la nécessité de réagir et changer de perception et de vision sur comment un espace de travail doit être au futur. Il est encore possible de voir des changements à venir dans l’immobilier résidentiel de manière qu’un habitat soit plus adéquat à être un espace de travail individuel qu’un espace servant uniquement à l’habitat.

Rédigé par Samah Najmi

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