Le zellige marocain, un héritage artisanal véritable


Le zellige marocain, un héritage artisanal véritable

Le zellige marocain, un héritage artisanal véritable

Le zellige – de l’arabe zelidj –, cet art qui nous a toujours fasciné par ses couleurs ravissantes et ses précisions élégantes qui reflète la richesse de notre culture marocaine. Il est omniprésent dans presque tous types de bâtiments marocains (mosquée, riad, place, palais, maison, hammam, etc.). Le zellige est alors l’un des caractéristiques distinctives de l’architecture marocaine, plus précisément, l’architecture andalo-marocaine.  

L’histoire du zellige :  

Au sens générique, le mot “zelidj” en arabe, signifie “petite pierre polie” ; l’origine de ce nom viendrait du perse, signifiant « la pierre bleue ». C’est de cela que sont nés les mots « Azul », « Azulej » et « Azulejos » référant aux célèbres décors peints portugais et espagnols.  

Au Maroc, l’art du zellige est apparu au Xème siècle dans des tons blancs et bruns, en imitation des mosaïques romaines. Certes les romains n’occupaient plus la région depuis plusieurs siècles, de nombreux vestiges romains sont toujours présents, notamment le zellige qui était enrichi par les apports de plusieurs dynasties qui se sont succédées au Maroc et en al-Andalus telles que les Almoravides venus du désert, les Almohades du Haut-Atlas, et enfin au XIVème siècle, les Mérinides, d’origine nomades berbères.  

Pendant 4 siècles d’échanges, les sciences et les arts se développaient considérablement. L’architecture et la décoration est devenue plus raffiné et les zelliges envahissaient les murs à l’intérieur de tous les palais, les tombeaux, les fontaines, les patios, les hammams. Leurs couleurs se diversifiaient avec l’apparition du bleu, du vert et du jaune au XIVème siècle puis du rouge au XVIIème siècle. 

Le zellige marocain, un carrelage tout à fait particulier :  

Le zellige, appartenant à la grande famille des céramiques traditionnelles méditerranéennes, s’agit d’un carreau de terre cuite naturelle ou émaillée ; c’est un carrelage artisanal taillé à la main. En effet, chaque région dispose de techniques voisines mais spécifiques liées à la qualité des argiles. Ainsi, le zellige marocain, fabriqué traditionnellement avec l’argile de la région du Fès, le zellige s’est développé, particulièrement dans cette région, selon une technique très particulière : l’argile naturelle est mélangée à de l’eau, façonnée à la main, séchée, puis cuite au four ; les artisans appliquent ensuite un émaillage, à la main, uniquement sur la face avant sachant que les carreaux sont cuits et émaillés au seul format 11 x 11 cm avant d’être retaillés dans différents formats et assemblés à l’envers. Ces carreaux doivent être fabriqués à partir d’une argile sans chaux ni fer, qui peuvent tous deux endommager les carreaux.  

Par ailleurs, cette technique ornementale typique de l’architecture maghrébine consiste à assembler des tessons de carreaux de terre cuite émaillée de différentes couleurs afin de réaliser un décor géométrique. Les tessons de faïence sont parfois si fins qu’il s’agit d’une véritable marqueterie de céramique ; en effet, toute petite tesselle porte un nom et son assemblage géométrique créant une phrase. Ceci, crée un décor poétique représentant tout un héritage culturel riche dans ses plus beaux détails. 

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