RTCM : le Règlement Thermique de Construction au Maroc


RTCM : le Règlement Thermique de Construction au Maroc

RTCM : le Règlement Thermique de Construction au Maroc

L’immobilier est l’un des secteurs les plus énergivores mondialement, notamment au Maroc ; les bâtiments des secteurs résidentiel et tertiaire marocains consomment plus de 30% de l’énergie. Une part en nette augmentation depuis plusieurs années et qui suit le développement du secteur du bâtiment. L’Agence Internationale de l’Énergie indique qu’il est possible d’économiser jusqu’à 40% de l’énergie consommée par le secteur du bâtiment en construisant des biens qui respectent des normes et des règlements thermiques reconnus à l’échelle internationale. 

De ce fait, le Maroc a mis en vigueur, depuis octobre 2014, le Règlement Thermique de Construction au Maroc (RTCM), une réglementation stricte régissant la performance thermique des constructions et favorisant la réduction de leurs besoins en énergie, entre autres celle dédiée à la climatisation et au chauffage.  

Le RTCM, de quoi s’agit-il ? 

Le Règlement Thermique de Construction au Maroc (RTCM) s’agit d’un ensemble de règles qui visent essentiellement à améliorer les performances thermiques des bâtiments, à réduire les besoins de chauffage et de climatisation, en améliorant le confort thermique des utilisateurs.  

En précisant les seuils de performance exigés, le RTCM constitue un document de base qui peut être incorporé dans les cahiers de charges des projets de construction, extension ou rénovation des bâtiments comme il peut également servir d’outil de diagnostic des bâtiments existants en offrant un référentiel du niveau d’isolation thermique acceptable. 

Il a comme objectifs :  

  • Réduire les besoins de chauffage et de climatisations des bâtiments ;  
  • Améliorer le confort des bâtiments non climatisés ;  
  • Réduire la puissance des équipements de chauffage et de climatisation à installer ;  
  • Inciter les architectes, ingénieurs et maîtres d’œuvre à utiliser des principes de conception thermique performante de l’enveloppe du bâtiment ;  
  • Mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage, décideurs publics et bailleurs de fonds, un outil permettant d’améliorer la productivité de leurs investissements ;  
  • Aider à la réalisation de diagnostics énergétiques des bâtiments existants. 

Cible du Règlement Thermique de Construction au Maroc :  

Le RTCM concerne à priori les zones urbaines, plus précisément, l’ensemble des bâtiments neufs et couvre à la fois le secteur de l’habitat et les bâtiments tertiaires. Il englobe toutes les catégories socio-économiques de bâtiments, économique et standing, quant au secteur tertiaire, quatre segments sont principalement couverts : les hôtels, les bâtiments administratifs (bureaux), les bâtiments d’éducation et d’enseignement supérieur et les hôpitaux. 

Les caractéristiques thermiques des bâtiments résidentiels à construire dans chaque ville sont fixés par le RTCM selon le principe de zonage climatique ; ce principe désigne un découpage mis en place par l’Agence Nationale pour le Développement des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique (ADEREE) et la Direction de la Météorologie Nationale (DMN), basé sur l’étude des données climatiques enregistrées par 37 stations météorologiques sur la période de 1999-2008 (10 ans) ; il a permis de distinguer 6 zones climatiques représentées chacune par une ville, à savoir : Agadir, Tanger, Fès, Ifrane, Marrakech et Errachidia. 

Impacts du RTCM :  

Le respect des exigences du règlement thermique pour les bâtiments résidentiels donne lieu à plusieurs gains au niveau socio-économique, énergétique et environnemental ; l’application du RTCM devrait permettre une réduction significative des besoins de chauffage et de climatisation. Selon l’ANDEREE, les économies en chauffage et climatisation peuvent atteindre 25 kWh/m2/an dans la zone d’Agadir et 116 kWh/m2/an dans la zone d’Ifrane. Ceci contribue à atteindre une consommation énergétique plus optimisée au niveau national et permet également aux consommateurs finaux, les ménages, de réaliser des gains sur la facture énergétique relative au chauffage et à la climatisation. 

Au niveau environnemental, une bonne isolation permettant de réaliser des gains en besoins de chaleur et en froid diminue la consommation énergétique et préserve éventuellement l’environnement ; par exemple, la bonne isolation contribue à la réduction de la consommation de bois de chauffage utilisé dans les régions les plus froides, et donc réduit les émissions de gaz à effet de serre. 

Rédigé par Samah Najmi

Write a Message

Your email address will not be published.

Related Posts

Enter your keyword